Jeudi 25 juin : ma compagne et moi partons pour Oslo, avec sa sœur souffrant des jambes. Nous sommes invités par un des fils de cette sœur, Stéphane, qui vit là-bas avec son épouse norvégienne, Güro. C’est le premier jour que Norwegian Airways met en place une liaison directe entre Lyon et Oslo.
À l’aéroport ma belle-sœur a demandé une assistance, elle embarque dans une espèce de wagonnet où elle apparaît la plus fringante parmi des vieux assez caducs dont on se demande ce qu’ils vont faire en avion. On survole les Alpes, puis des bras d’eau, sans doute des bouts de Danemark…et on atterrit. Nos bagages, non. On apprendra que notre valise n’a pas quitté Lyon, celle de la belle-sœur est partie sur Francfort : elle la réceptionnera dans deux jours, nous dans trois lorsque arrivera un nouveau vol en provenance de Saint-Exupéry. Nous avons étourdiment placé nos médicaments dans la valise : je prendrai ma tension chaque jour pour vérifier qu’elle ne grimpe pas.Stéphane est venu nous chercher à l’aéroport dont on se demande pourquoi il a été construit à 50 kms de la ville dans cette région vallonnée où la place ne manque pas.
Nous arrivons chez lui sans nous être aperçus que nous étions entrés dans Oslo.
Je me lève dans la nuit et prends une photo à 4 heures du matin : c’est comme un jour qui serait un peu grisailleux.
Oslo le 26 : le matin promenade en forêt autour de la maison, jusqu’à des tremplins de saut à ski, de très grands et un petit autorisé à partir de 4 ans. C’est à Holmenkollen, tout en-haut de Frognersterveien. Croisé pas mal de skieurs d’été sur roulettes, et un groupe nombreux, une quarantaine de personnes de tous âges, coureur.euse.s à pied aimant à souffrir, épuisé.e.s par une marche rapide et sportive sous les ordres d’un chef. Deux ou trois semblent prêts à claquer là, en pleine nature sur la pente raide, illes mettent à l’épreuve leur capacité cardiaque jusqu’à l’extrême limite, et l’hôpital le plus proche (où travaille Güro à sauver des vies) est tout de même à plusieurs kilomètres.
Retour. Le reste de la journée consacré à acheter des brosses à dent, sous-vêtements en attendant les bagages…et trouver « mon » médicament quotidien. L’ordonnance que j’ai sur moi n’est valable que pour la délivrance de CE médicament, qui n’est plus distribué en Norvège, et pour obtenir un équivalent il faudrait avoir une ordonnance d’un médecin norvégien, donc attente aux urgences, coût exorbitant, etc…On mise sur la stabilité de ma tension.
Oslo, le 27 juin 2026 : journée Munch.
Première sortie vers Oslo centre. Les billets du T-Bahn (métro) ne s’achètent que par l’application de l’entreprise de transport locale (Rute), nécessité d’avoir en permanence un téléphone sur soi. Impression d’une ville épaisse dans ses bâtiments, calme. Métro tranquille et lent.
Nous émergeons dans le centre ville à la fin d’une manifestation des fiertés LGBTQIA+
Un policier dans le genre voiture balai nous renseigne sur notre direction, car le musée Munch a été déplacé depuis 10 ans que date le plan que j’ai sous les yeux. Nous traversons le centre commercial de la gare centrale pour ressortir côté mer. C’est un immense bâtiment avec vue panoramique au dernier étage vitré, et sa verticalité suit une courbe comme une vague déferlant sur le port, où un ferry vient d’accoster. Juste à côté, l’opéra qui ressemble en beaucoup plus vaste à celui de Porto.
Découverte au premier étage du musée d’une artiste britannique née au Portugal : Paula Rego : un expressionnisme sans compromis lié au féminisme. Voir d’autres traces et œuvres de cette artiste radicale ?
Les autres étages sont consacrés à Munch : ses œuvres dans leur chronologie puis ses panneaux gigantesques, commandes officielles, puis la frise destinée à la cantine des hommes de la chocolaterie d’Oslo, puis les frises et toiles refusées pour la cantine des femmes et pour la mairie qui les avait commandées en1923….On comprend que si les patrons ou les officiels attendaient un hymne à l’industrie ou à la joie du travailleur moderne, ils ont dû être déçus : c’est plutôt la peine, l’épuisement ou l’asservissement ouvriers qui sont ici manifestes en grandeur naturelle.
Des œuvres exposées ressort l’image d’un peintre très intégré à la bourgeoisie locale mais observateur sans concession de toutes les conditions humaines. Peintre engagé du côté de la vie sociale, reconnu mais pas toujours accepté.
Au sommet du bâtiment, vues sur le fjord écrasé de soleil et l’ensemble de la ville où ressortent, proches du centre, quelques quartiers à l’architecture singulière. Beaucoup de gris, de noir dans les constructions modernes.
Au bar du rez-de-chaussée, 2 verres d’eau pétillante sur un fond de sirop de myrtille : 140 couronnes (environ 12 euros). Des enfants jouent sur la plage devant l’opéra, d’autres barbotent dans la mer, deux ou trois adultes se baignent pour de bon et nagent un peu plus loin.Quelle doit être la température de l’eau ?
On remonte une rue aux immeubles massifs pour rejoindre la station de métro du théâtre et ce sera tout pour cette première prise de contact avec une ville plaisante où bien peu est prévu pour les temps chauds : rien où s’asseoir en-dehors des terrasses, on dirait que tout doit se payer. Mais il y a entre les deux baies une pointe de terre où l’on devine de la verdure, mais inaccessible ce samedi car occupé par les stands de la « fête des fiertés » : musiques à fond.
Le 28 juin : journée Vigeland : deux frères, Gustave sculpteur et Emanuel peintre.
Ce matin parc Vigeland où sont dressées de multiples statues dans un grand parc verdoyant et fleuri. Havre de verdure dans la ville, mais aussi conception ascensionnelle complète où l’expressivité assez débridée des corps humains (femmes, hommes et enfants) se métamorphose en hymne à la vie.
Très originale inspiration remplaçant avantageusement les allégories, vices et vertus, personnages mythiques ou célébrités d’antan. Outre les figures sensibles du pont (il y a un pont entre deux petits lacs artificiels comme Hyde Park a sa Serpentine) et l’inspiration païenne de la fontaine, on avance vers une étrange colonne phallique où l’humanité aspire à l’élévation. Plus loin le triangle et la roue de la vie célèbrent une curieuse énergie, associent bizarrement l’union des corps et une sorte de spiritualité cosmique…
L’après-midi, plus étrange encore : le mausolée à Emanuel Vigeland, le frère peintre, qui se trouve tout près de chez Stéphane et Güro dans le quartier verdoyant de Slemdal. Et ne se visite que le dimanche après-midi. Extérieurement, le bâtiment à l’apparence d’une haute chapelle en briques. On entre par une porte basse (j’ai appris qu’au-dessus de la porte se trouvent les cendres du peintre et qu’on s’incline ainsi en entrant).
L’intérieur sans fenêtre est donc obscur. On s’acclimate en quelques minutes et un éclairage artificiel minimum permet de distinguer des statues aux coins du rectangle et les murs entièrement recouverts de peintures : on ne distingue pas tout, l’inspiration est analogue à celle du parc, mais ici l’érotisme et la mort tiennent une place plus grande : à la statue d’un couple pendant le coït répond l’image peinte du même couple en squelette…Atmosphère unique : jamais vu rien d’analogue.
À 17 heures j’ apprends par 2 mails que notre valise a été repérée à l’aéroport et qu’elle sera prochainement livrée à la maison de Stéphane et Güro.
La valise arrive vers 20 heures.
Lundi 29 : nous partons pour Bergen en deux étapes. D’abord nous nous rendons à l’agence Hertz où j’ai cru bon de réserver la voiture (près de la route de Bergen) mais c’est une zone d’ateliers à 2 kms du terminus d’une ligne de métro. Donc long trajet en métro (qui passe en forêt entre les maisons cossues et des immeubles populaires) suivi d’une marche à pied sur une route passante de zone industrieuse. Petit bureau paumé de l’agence Hertz où l’employé exécute efficacement les opérations (carte bleue, signature…) tout en économisant ses paroles. La voiture sera une Zeekr (découverte) automatique et électrique. Pas de mode d’emploi : il faudrait l’application zeekr sur téléphone mobile pour obtenir des précisions. Pour l’employé avare d’explications, « il suffit de… » et ça fonctionne tout seul. La conduite après quelques minutes de prise en mains est en effet assez tranquille, d’autant que la voiture est très confortable et que la circulation s’effectue très lentement, bien qu’on soit sortis de la ville. Nombreux panneaux de limitation de vitesse à 50, 60 kms/heure. Ce qui laisse le temps de s’habituer aux commandes et au tableau de bord chargé de multiples tracés, plans, phrases et pictogrammes. Mais je m’aperçois bientôt que la voiture émet toute une série de bips que je ne peux pas enlever : quand j’approche la ligne médiane de la chaussée, quand je dépasse un panneau de signalisation, quand j’approche le véhicule précédent à moins de 15 mètres : série d’avertissements permanents. Lorsque j’aurai conduit une heure ou deux, la voiture me recommandera d’être prudent et de m’arrêter si je m’étire, d’être attentif si je regarde le paysage, d’être vigilant si je dépasse de 3 kms/h la vitesse limite : insupportables instructions et alertes que je ne sais pas débrayer et que nous aurons à subir pendant les cinq jours du voyage. Je dois en outre m’accrocher au volant dans les virages pour que ce véhicule « intelligent » (et autoritaire) ne corrige pas ma trajectoire…Horreur.
Nous pique-niquons près d’un lac qui se révélera une rivière très élargie. Soleil. Peu de circulation. Puis nous repartons à travers champs (c’est la route nationale qui traverse la campagne) vers Sogndal. Près du but, nous souhaitons recharger la batterie du véhicule et par chance un norvégien sympathique et pédagogue nous expliquera la procédure et attendra avec nous le temps nécessaire pour vérifier que tout fonctionne bien. Pour « faire le plein », il faut en effet disposer de l’application du distributeur d’électricité, puis une fois le compte perso ouvert, obtenir les codes d’autorisation et fournir les données de la carte bleue pour pouvoir suivre les instructions de branchement entre la borne de recharge et la prise de courant du véhicule. Il faut ensuite attendre longtemps (car c’est un chargeur à faible débit auquel nous nous sommes arrimés) et suivre ensuite les instructions pour débrancher l’appareil. Donc nouvelle application après les transports urbains d’Oslo. Après Laerdal nous empruntons un ferry pour traverser le fjord et le bateau nous conduit……à l’entrée d’un tunnel percé dans la montagne. Le tunnel serpente sous terre puis débouche à flanc de montagne d’où nous montons encore, contournons encore la montagne, puis replongeons sur un gros village qui est notre ville étape : Sogndal. Promenade le long du fjord, trois gouttes de pluie entre les derniers rayons du soleil, arc-en-ciel, deux pizzerias, nous allons dans un resto asiatique où le serveur né en Provence a grandi en Savoie : il aime la montagne, c’est pour ça qu’il vit ici.
Très cher, pas très bon. Promenade digestive au retour. Il y a un « friseursalong » au nom de Lilly.
Brumeux le lendemain matin.
Mardi 30 : autre rive du fjord, autre ferry pour sortir de ce bloc montagneux encastré entre les eaux. Arrivés en face, on grimpe jusqu’à un plateau où subsistent des névés sur l’herbe rase : ça ressemble un peu aux sources de l’Isère ou de l’Arc, des troupeaux de brebis surtout paissent en estive, mais nous ne sommes qu’à mille mètres environ d’altitude. Un tunnel n’est ouvert que dix minutes par heure pour travaux d’entretien. Descente sur un bras de mer du Nord. Encore pas mal de temps pour parvenir à faible allure à Bergen, nichée dans un entrelacs de fjords plus ou moins larges et de collines à lacets routiers, tunnels et industries. Nous logeons chez l’habitant, un iranien et une norvégienne, lui peut-être artiste ou écrivain, poète ? Pas sûr, mais très sympa et amateur de foot qu’il suit sur écran géant dans son salon luxueux, un chien d’appartement dans les bras. Nous repartons en ville après un quart d’heure de marche à pied, grimpette pour rejoindre l’autobus. Nous arrivons sur la place centrale (Festplassen) où un gigantesque barnum a été dressé pour les milliers de spectateurs d’un match de coupe : Norvège contre…Sénégal peut-être.
Grande douceur du ciel le long du port où se succèdent les guinguettes à poisson. 15€ le sandwich tout de même. D’immenses bateaux de croisière rapetissent les ferrys qui sillonnent les fjords d’une rive à l’autre comme des bus de banlieue. Coup d’œil sur le centre moderne (19ème siècle), avec esplanade, magasins, immeubles massifs.
Le mercredi 31 : agréable petit déjeuner sur la terrasse qui domine la mer au loin, et où un goéland vient nous tenir compagnie – à distance. Nous regagnons la ville et montons en funiculaire au sommet du Floyen. Jolie vue, village de trolls pour enfants et touristes, et des panneaux qui indiquent le cap Nord à 1500 kms, le pôle nord à 3300, le pôle sud à 16700, et Istanbul, Rome, Madrid, Berlin, Sydney… un peu dans toutes les directions. Puis nous redescendons à pied la colline (320 mètres de dénivelé) par un sentier de terre qui vers le bas sera goudronné. Pas mal de grimpeurs dans l’autre sens. Tout en bas des bancs, des sculptures, les toits de la vieille ville. Je goûte au hot-dog de renne : la saucisse est plus grosse mais goût habituel, quoique gentiment grillé aux petits oignons : 10€.
Nous pique-niquons en fait entre le théâtre (statue d’Ibsen) et un port où embarquent des touristes allemands. Puis nous entreprenons de faire le tour de la presqu’île de Nordnes qui prolonge le cœur de la ville. Tout au bout il y a une piscine, des talus de verdure avec des gens qui se font bronzer car le soleil est ardent, et plusieurs bâtiments liés à un institut océanographique. Un navire est doté d’une plateforme comme une raquette : un héliport. Halte au retour dans le bar d’un centre culturel établi en partie dans une ancienne usine à sardines. Là se déroule annuellement un festival de cinéma.
Plutôt claqués au retour.
Mêmes snacks, mêmes ports, mêmes ruelles à l’est, mêmes avenues plus larges à l’ouest : si les banlieues s’étirent, la vile fait assez petite.
Jeudi 1er juillet : nous avons eu la chance de voir Bergen sous le soleil, et ce matin il pleuviote comme il pleut parait-il à Bergen entre 250 et 300 jours par an (ça dépend de la définition entre bruine, pluie, neige…).
Nous prenons le chemin du retour par un itinéraire différent mais en fait, il n’y a pour l’essentiel qu’une route principale avec ici ou là divers décrochages. Cette fois-ci nous ferons le crochet par Eidfjord et Vöringsfossen : un lieu de cascades.
Eidfjord est un minuscule village avec des recharges électriques, des toilettes publiques et des commerces de proximité pour tous les ferrys qui y font escale : plusieurs lâchers de touristes dans la ville minuscule et coquette pendant que nous rechargeons la zeekr. Pluie encore. Les nuages sont très bas au point qu’il est difficile de distinguer les eaux du ciel des eaux de la mer. Puis rechargés à bloc, nous emprunterons un très long tunnel avec des bifurcations à l’intérieur, des carrefours sous la roche, pour regrimper sur un plateau à l’herbe rase et aux graminées résistantes, ressemblant comme deux gouttes d’eau à celui de Sogndal plus au nord.
La pluie a cessé dans l’après-midi et nous arrivons au gîte, tout simple et chaud entre les montagnes, les tas de graviers pour les travaux de voirie, une ou deux fermes, un étang et une rivière. C’est cette rivière, menue et calme, qui un kilomètre plus loin plonge de plusieurs centaines de mètres directement dans la vallée. Plusieurs cascades attirent les touristes dans ce secteur très aménagé, sécurisé, où comme tout le monde nous prenons beaucoup de photos de cascades, Dans ce rude paysage s’élève un grand hôtel avec magasin de souvenirs et troll sculpté à l’entrée.
Revenus au gîte, on peut se cuisiner des nouilles le soir avec une boîte de sardines achetées à Eidfjord. Plaisir d’un repas tranquille hors des centres d’intérêt.
Le lendemain 2 juillet, 6 degrés au moment du départ.
Belle traversée entre les lacs de montagne, quelques rares névés encore, un rien de brouillard avant le retour du soleil. Puis on redégringole vers le niveau de la mer. Halte à la station de sports d’hiver de Gello où un groupe d’hommes retraités discutent le bout de gras en terrasse : malgré le vent violent il fait déjà 15°.
De nouveau des rivières qui s’élargissent en lacs, et puis c’est la banlieue d’Oslo dans sa verdure.
Nous rendons la voiture sans la présence du moindre employé : clé (ou plutôt fiche contact) dans la boîte aux lettres.
Bref orage à l’arrêt du bus. Retour aux 25° d’Oslo.
Le 4 : Stéphane qui est un expert photographe amateur et dispose de volumineux appareils sur roulettes à l’ancienne, et de plaques de verre, de tout un attirail de développement et d’un savoir-faire remarquable, nous tire le portrait. Le résultat est étonnant, le noir et blanc lissé adoucit les traits, souligne dans le visage la vie du regard. Puis nous repartons en visite : c’est d’abord le centre piétonnier de la ville, les habituels magasins avec un peu partout l’effigie du footballeur Haaland, coup d’œil rapide à la cathédrale dont l’entrée ressemble à celle d’un hôtel 5 étoiles.
Nous arrivons près de la zone portuaire et découvrons un tertre signalé comme la « forteresse ». C’est en effet un endroit fortifié, avec un théâtre de verdure où Hedda Gabler a été donnée récemment, et sur le coup de midi on entend un coup de canon. Des gens accourent vers la collinette et nous y allons aussi. D’autres coups de canon suivent, une fumée sombre s’élève sur le paisible enclos, je crois aux douze coups de midi, en fait il y en aura 21 : nombre réglementaire. Je demande aux soldats si c’est tous les jours comme ça ou exceptionnel, l’un me répond que c’est pour l’anniversaire de la reine (89 ans), plus exactement l’épouse du roi Harald V. Puis la foule se disperse avec les soldats qui remportent dans des cartons les douilles de leurs pétards en discutant avec les gens : étrange scène pour un français habitué aux périmètres de sécurité, à la morgue de l’uniforme : ici non, tout le monde se côtoie dans la bonne humeur.
Nous nous rendons ensuite à la galerie (musée) nationale. Quelques toiles remarquables de Munch (les plus célèbres ne sont pas au musée Munch mais ici) et d’autres maîtres, et de belles curiosités moins connues, sculptures inuit, cerfs et rennes et chouettes symboliques, inspirés des peuples sames.
La mairie, dont on nous a conseillé la splendeur. C’est le seul lieu où nos sacs seront vérifiés. Immeuble brun-rouge sombre très massif d’allure stalinienne qui ferait pâlir de modestie celle de Villeurbanne. Jolie vue depuis les salles d’apparat sur le même coin de port où sont les ferrys, les navettes, le centre Nobel pour la paix, la galerie nationale et l’œuvre d’art en pleine rade (fine, élégante) que l’on pourrait confondre avec un voilier, mais qui ne bouge pas. Sinon des peintures édifiantes aux murs. Des marbres sous les pieds.
Nous rentrons fourbus.
Le 5 : Nous terminons le séjour par le folksmuseum d’Oslo, présentant en plein air des architectures anciennes : reconstruction dans un vaste parc de l’habitat rural du 19ème, tout en bois : des fermes, des étables, des écuries, avec de temps à autre un mini concert de musique folklorique ou l’intervention d’une guide en costume qui explique les usages cérémoniels des locaux : pour la naissance, le mariage, les obsèques, qui faisait quoi et comment ça se passait.
Il y a aussi des sentiers frais sous le soleil ardent, et sur un monticule herbu une grande église reconstituée avec des clochetons en bois travaillé, sculpté, presque flamboyant.
Un casse-croûte moderne et cher au snack du musée, puis nous reprenons le bus et le T-Bahn pour Slemdal. Correspondance à Majorstuen ou au Nationaltheatret, sous le parc du palais royal.
Repos.
Le 6 nous quittons Oslo : T-Bahn jusqu’à Nationaltheatret pour éviter la cohue de la gare centrale puis train jusqu’à l’aéroport. Départ et vol tranquille jusqu’à Schipol où nous avons sept heures d’attente pour la correspondance. Nous en profitons pour prendre le train vers La Haye (30 minutes), et rendre visite au Mauritshuis qui n’est qu’à 10 minutes à pied de la gare centrale. Vermeer, Rembrandt, mais aussi Teniers et d’autres petits bijoux dans ce manoir qui semble flotter sur l’eau. Juste à côté une place ombragée, avec des terrasses, des plats du jour abordables à toute heure, comme une impression de détente et de vie paisible sans être morne, d’activité souriante et détendue.
Nous revenons sans nous presser à la gare, puis à l’aéroport, et arriverons vers minuit à Saint-Exupéry.
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