MARS
– Bombes au sud…
– Bombes au nord…
Le 2, sur France Info, on apprend que pour la première fois des avions-cargos américains ont largué au sud de Gaza l’équivalent de 38 000 repas aux populations affamées. On s’en réjouirait si la population vivante, quoique réduite, ne demeurait supérieure à deux millions de personnes. L’aide ainsi apportée représente un repas pour une personne sur cinquante. Dans le même temps, des dizaines de camions sont bloqués à la frontière avec l’Égypte. Et la radio ne dit pas si l’aviation israélienne a bombardé les rassemblements où les nourritures étaient distribuées, comme ce fut la cas deux jours auparavant.
Le 3, un dimanche : les suisses, dont on connait la propension à l’islamo-gauchisme et le mépris de leurs intérêts, ont voté à plus de 58% pour le maintien de leur système de retraites par répartition et pour l’augmentation des pensions. Ils ont rejeté dans le même temps tout report de l’âge de la retraite. Pourquoi la France n’a-t-elle pas organisé de « votation » sur ce même sujet l’an dernier ?
5 mars : TV5 monde revient sur les suites de la déclaration de notre président, prêt à « envoyer des troupes au sol » pour soutenir l’Ukraine et exhortant nos alliés à en faire autant.
a) Le président ukrainien Volodymyr Zelensky « n’a jamais demandé que des troupes étrangères combattent pour son pays », a dit mardi un porte-parole de la Maison Blanche, interrogé sur les propos du président français.
b) « Il n’y aura pas de troupes américaines engagées au sol en Ukraine. Et vous savez quoi? Ce n’est pas ce que demande le président Zelensky. Il demande des outils et des capacités. Il n’a jamais demandé que des troupes étrangères combattent pour son pays », a déclaré John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale [des U.S.A.].
c) Après déjà une série de tensions récentes sur le dossier ukrainien, l’Allemagne n’a pas apprécié l’avertissement [ en forme de leçon ] de la France aux européens :« Nous n’avons pas besoin (…) de discussions sur le fait d’avoir plus ou moins de courage », a réagi le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius. « Cela n’aide pas vraiment à résoudre les problèmes ».
d) Emmanuel Macron a jugé aujourd’hui à Prague « nécessaire » de bousculer les alliés de l’Ukraine, qu’il a exhortés à « ne pas être lâches » face à une Russie « inarrêtable ». Le président français a dit « assumer » ses récents propos controversés sur la possibilité d’envoyer des troupes occidentales dans ce pays en guerre.
Aux informations relayées par TV5 Monde, Dominique de Villepin (diplomate éminent du parti Les Républicains, ex premier ministre et ministre des affaires étrangères) a apporté quelques précisions sur LCI :
– Les propos de Prague ont été tenus lors d’une visite aux français y résidant, ce qui n’est pas le lieu d’une annonce internationale. L’ambiance est plutôt aux petits fours et champagne qu’aux déclarations de politique étrangère à visée militaire. M. de Villepin a conclu sur une image souriante : en matière diplomatique il est bon d’être le premier du peloton, mais pas de s’échapper.
– Toute son intervention a été marquée par cette forme d’ironie discrète mais constante. Il a estimé que les propos de notre président étaient non seulement déplacés (pas à leur place) mais inconsidérés vis-à-vis de nos partenaires. Loin des déclarations d’intention tonitruantes, il a été très précis sur ce qu’est la politique de dissuasion et sur les armements conventionnels (le nombre d’obus par exemple) que nous n’avons plus. Il ressort de cette intervention minutieuse de M. de Villepin que sans la gravité de la situation, ce serait les propos va-t-en guerre qui relèveraient du dérisoire.
C’est ainsi que l’ont pris nos partenaires, moins habitués que nous à subir et se soumettre aux vérités présidentielles.
Le 15 :
Mon père aurait aujourd’hui 96 ans et Jules César, mort aux Ides de mars, encore plus…
Mon père qui avait coutume de dire « Les cocos y disent pas des conneries » aurait été malheureux des récentes déclarations du secrétaire général du PCF Fabien Roussel qui fait le maximum pour diviser la gauche et pouvoir se targuer qu’il a redressé le vote communiste de 2,3 à….au moins 2,5%.
Quant à notre président, après avoir été recadré par l’Europe et Washington, il a recausé au peuple français hier soir à la télé. Comme il avait parlé lors d’un cocktail mondain d’envoyer des soldats français sur le sol ukrainien, on craignait le pire, qui n’a pas eu lieu : il s’est semble-t-il contenté de chercher à se tirer d’affaire en disant que pour promouvoir la paix il fallait être fort (paraphrase stupide du « si vis pacem para bellum »), car la Russie menaçait la France (??) et que nous allions en conséquence tripler notre production d’obus.
Bon : à quand l’exhortation à creuser des tranchées sous les trottoirs ?
Le dimanche 17 : les citoyen.ne.s russes se sont rendu.e.s aux urnes. 87% ont renouvelé leur confiance à Vladimir Poutine. « Sans commentaire » évidemment.
Le 24 mars : une semaine après cette triomphale réélection, un attentat revendiqué par des groupes djihadistes a fait 144 morts et plusieurs centaines de blessés à Moscou. Le Poutine nouveau insinue sans la moindre preuve et contre les revendications en question que l’Ukraine pourrait avoir sa part au massacre, thème largement repris par les médias russes à la botte du pouvoir. (Les autres, lorsqu’ils ne sont pas morts, se font rares et discrets).
Le 25 mars : ONU : première véritable adoption (abstention et non veto des USA) d’une résolution exigeant le cessez-le-feu à Gaza. Reste à la mettre en pratique.
MARS : le mois guerrier a donc tenu la dragée haute au discourtois mois de février : guerres un peu partout…Mais outre l’Ukraine et Gaza, la plus meurtrière dans la durée semble être le conflit dont on parle moins, celui qui depuis des années déchire le Soudan et décime la population dont une large part a trouvé refuge en Égypte et surtout au Tchad, jusqu’à créer dans ce dernier pays une situation de disette.
Avril permettra-t-il de desserrer l’armure ?
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