Du 16 au 29 février : Bombes et blocus de Gaza, toujours plus de 100 otages du Hamas détenus, bombes en Ukraine et menaces du pire.
Le 22 février :
Sans commentaire, je me fais le relais d’une action de Greenpeace : Dans la nuit du 21 au 22, Greenpeace a déboulonné 5 enseignes considérées comme responsables en priorité de la crise agricole actuelle :
– Leclerc comme représentant de la grande distribution
– Bayer leader des pesticides
– LDC (40% de la distribution du poulet), marques « le gaulois » et « maître coq »
– Lactalis (1er groupe mondial de produits laitiers. En 2022 en France, les marges du groupe ont augmenté de 68% alors que le prix du lait payé aux éleveurs baissait de 4%).
– Avril qui à l’international développe ses activités dans les biocarburants et en France est leader des produits oléagineux avec les marques Lesieur ou Puget…Le président du conseil d’administration de ce groupe se trouve être monsieur Rousseau, également président de la FNSEA (Fédération syndicale agricole majoritaire de notre pays.
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Ce même jour j’ai pleuré : translation des cendres de Missak Manouchian et de Mélinée sa femme (« ma Mélinée mon orpheline »). Résistants étrangers panthéonisés quand on repousse et tue les étrangers d’aujourd’hui par des lois qui refusent le droit du sol, et autres choses semblables : schizophrénie meurtrière.
Le 23 février :
6 Césars ont été obtenus par le film de Justine Triet Anatomie d’une chute. Tant de belles choses ont été dites sur ce film exceptionnel que je n’ajouterai pas d’article au grand nombre déjà paru. Des comédiens au scénario, de la philosophie générale de l’oeuvre – qui jusqu’au bout alimente la complexité et le doute – au traitement méticuleux de chaque détail (par exemple les yeux du chien et du jeune homme, d’ailleurs comédien exceptionnel), tout est remarquable.
Le 24 février :
Cela fait 2 ans pile que l’armée russe a attaqué l’Ukraine. 2 ans de souffrances de populations qui, avec leurs différends et leurs différences, ne s’attendaient sans doute pas à tant de pertes, de morts et de vaines souffrances. Mais il y a désormais, comme la plupart du temps en temps de paix et comme toujours en temps de guerre, propagande plutôt qu’information. Il ne s’agit pas de croire tel ou tel camp mais d’essayer de voir où cela mène, et force est de constater qu’à part plus de souffrance, on ne voit pas d’issue prochaine pour les peuples, c’est-à-dire en termes plus ordinaires « pour les gens ». Qui souffrent. Qui n’ont qu’une vie ici-bas et qui la perdent à des combats qu’iels n’ont pas choisi ni voulu pour la presque totalité d’entre eux et surtout d’entre elles. Pourquoi les USA (qu’on appelle bizarrement « occident ») tiennent-ils à étendre leur influence mercantile jusqu’à l’est de la mer Noire ? Pourquoi la Russie du dictateur n’a-t-elle pas préféré une entente cordiale avec le grand voisin trop convoité ?
En tout cas les peuples souffrent, crèvent une fois encore, pour des prurits nationaux qu’on croyait éteints après la 1ère puis la 2e guerres mondiales. A moins qu »une fois encore le discours nationaliste ne soit qu’un paravent à la préférence des intérêts financiers de quelques-uns sur la vie des autres.
« Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? » chantait Brel.
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Dans la foulée de la commission européenne souhaitant réduire la dette, notre ministre de l’économie a annoncé un plan d’austérité d’une dizaine de milliards, touchant donc les services et programmes publics (hôpitaux, transports, enseignement…).
Le 25 février :
les élections présidentielles devaient se tenir ce dimanche au Sénégal. Le président sortant (qui n’a pas l’air de vouloir sortir malgré ses allégations) les a reportées MAIS le conseil constitutionnel a invalidé ce report.
Courageux conseil constitutionnel du Sénégal qui, malgré les incarcérations arbitraires d’opposants et les accusations fantaisistes les concernant, apparait comme ce qu’il doit être : le garant de la constitution, donc de la démocratie de ce pays, en dépit des coups de force que tente le pouvoir de monsieur Macky Sall – dont le prénom ne peut que faire penser au personnage de l’opéra de quatre sous.
Quant au conseil constitutionnel sénégalais, sa juste détermination pourrait servir de modèle ailleurs, où des entorses à la loi constitutionnelle sur les élections – présidentielles ou autres – ne sont pas forcément à écarter.
Devant l’ambassade d’Israël aux États-Unis, un citoyen états-unien nommé Aaron Bushnell (membre de l’armée de l’air) s’est immolé par leu feu pour protester contre l’action conduite par l’armée israélienne à Gaza, action soutenue par son pays. Aucun des médias mainstream n’a évoqué cet atroce sacrifice. Ce qui ne fut le cas jadis ni pour les bonzes qui dénonçaient ainsi la guerre du Vietnam, ni à propos de Jan Palach après l’invasion de la Tchécoslovaquie par les forces du pacte de Varsovie.
Le 26 février : 3 bonnes nouvelles hélas très modestes.
1) Plusieurs syndicats lycéens se sont réunis puis unis pour n’en former qu’un seul pour apporter d’autres réponses aux inquiétudes de la jeunesse, que les évidences trompeuses que l’extrême-droite assène. Réponse solidaire à la fabrication de boucs-émissaires.
2) Le concert néonazi de musique métal qui avait été interdit s’est tenu dans un village discret du Dauphiné devant……150 personnes. C’est réjouissant si le chiffre est bien représentatif de cette mouvance.
3) Le Président de la République conspué au salon de l’agriculture. Il reste à donner un sens cohérent à cette jacquerie qui ferait regretter les temps chiraquiens.
Le 27 février : Bonne nouvelle encore : Brico-dépôt (mon correcteur me suggère « lombricompost ») m’a félicité car j’avais créé mon compte avec succès, donc trois raisons de me réjouir : la création du compte, les félicitations qu’elle induit, et la débâcle de mon correcteur orthographique.
Le 28 février : encore une bonne nouvelle : j’ai touché ma paye.
Mais pendant ce temps-là, les bombes tombent toujours sur l’Ukraine et Gaza.
Dans ce contexte tragique, février le terrible s’accorde cette année une journée supplémentaire.
Le 29 février : ces jours derniers, notre président avait évoqué l’envoi de troupes françaises au sol pour soutenir l’Ukraine. Il avait ainsi beaucoup inquiété ses amis européens qui s’étaient tus ou désolidarisés de cette initiative inattendue. Mais il n’a pas inquiété le président russe Vladimir Poutine (dont le principal opposant vient de s’éteindre au goulag) qui a menacé l’Europe occidentale d’une frappe nucléaire si la proposition française devait être suivie d’effets.
Les bombardements de Tsahal (l’acronyme sympa de l’armée israélienne) ont tué 100 personnes lors d’une distribution de vivres par une ONG. L’armée ne nie pas les tirs mais attribue les cent décès aux mouvements de la foule : la foule des affamés aurait sans doute dû se tenir plus stoïque sous les bombes pour mieux leur échapper ?
Qui a dit que février est le mois le plus court et le moins courtois ? En cette année bissextile, olympique et paralympique (songeons aux futurs survivants des conflits), il a profité de sa journée supplémentaire pour concocter une belle épreuve d’escalade verbale dans le discours guerrier.
Heureuse transition vers le mois de…Mars.
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