Juin : des meurtres : non seulement sur les champs de bataille et de luttes, mais aussi et toujours plus nombreux dans la société civile qui connaît ici même une fausse paix : personnes tuées dans leur lieu de culte, ou chez elles, ou sur leur lieu de travail pour la simple (dé)raison de leur nationalité ou de leur foi : ici un coiffeur tunisien (apprécié de tous précise sottement une certaine presse comme si cela avait une quelconque importance, ou plus exactement comme si l’estime dont il jouissait devait contrebalancer sa nationalité), là un rabbin, ailleurs un fidèle dans une mosquée, et toujours des cas isolés mais qui s’accumulent de collégiens ou lycéens qui agressent l’encadrement éducatif (profs, surveillants…blessés ou tués) ou parfois tel ou telle camarade.
Signe de déboussolement profond.
Le 5 juin à l’issue du congrès du PS, le premier secrétaire Olivier Faure qui tente d’ancrer le parti à gauche, s’est félicité d’avoir réussi la synthèse et l’a emporté avec 50,9 % des voix : cela signifie que la vieille garde qui a perdu la gauche à jamais prétend encore à diriger ce qui fut le premier parti de France et n’est plus qu’un radeau flottant à vau l’eau de renoncement en lâcheté. Ces anciens perdants osent encore s’exprimer, ils osent même orienter feu leur parti loin de la gauche militante et ne semblent attaché.e.s qu’à conserver leurs sièges.
10 juin : afin de protéger les policiers chargés d’expulser des immigrants mexicains, Donald a envoyé l’armée en Californie…sans l’aval du gouverneur californien. Un juge saisi de l’affaire a lancé une action pour inconstitutionnalité et excès de pouvoir contre Donald, qui réplique en menaçant de faire arrêter le gouverneur de Californie (un de ses principaux opposants démocrates). Aux USA, le slogan n’est plus « moi ou le chaos mais « moi ET le chaos, afin que le pouvoir ne revienne qu’à la force et que le droit soit écrasé. Preuve en est faite chaque jour. Les émeutes se multiplient.
Au Brésil, le procès Bolsonaro révèle que l’ex-président vaincu avait prévu un coup de force qui n’a pas été réalisé par défaut de soutien de l’armée.
Toute cette extrême droite avide de pouvoir absolu trépigne de se heurter aux lois et ne pense qu’à semer la zizanie pour que tombent les obstacles à sa mégalomanie.
Ce n’est plus une dérive mais une agression permanente contre toute forme de démocratie, où les peuples du monde quels qu’ils soient ont tout à perdre : esclavage en point de mire quand un pouvoir devient fou et sans frein.
11 juin : Il y a quelques jours, un voilier a quitté l’Europe pour porter des vivres et des soins à Gaza. Il a été arraisonné par l’armée israélienne à 100 milles marins des côtes gazaouies, donc dans les eaux internationales, et c’est une violation du droit. Les personnes à bord ont été interpellées, gardées à vue depuis 2 jours, et aujourd’hui huit sur douze sont encore incarcérées. Ni l’Union Européenne ni le gouvernement français ne s’élèvent contre cette agression qui concerne plusieurs de ses ressortissants (ou l’ensemble pour ce qui est de l’UE, dont une eurodéputée).
Comment ce silence est-il possible ? À suivre…
13 juin : dans la nuit, Israël a frappé l’Iran : destruction d’un centre d’enrichissement d’uranium et frappes sur des immeubles de Téhéran où, parmi des civils, neuf personnalités (dont le chef d’état-major et celui des gardiens de la Révolution) ont été ciblées et abattues.
14 juin : L’Iran a répliqué par des frappes sur Israël, en particulier Tel-Aviv. Notre président a affirmé que l’Iran portait une lourde responsabilité sur la déstabilisation de la région (proche et moyen-orient). Or on se rappelle que, quelle que soit l’aversion que le régime des mollahs puisse inspirer par ailleurs, c’est Donald qui a rompu le traîté d’accord sur le nucléaire auquel l’Iran avait consenti (2018) et que c’est Bibi la terreur qui a attaqué l’Iran préventivement. Les victimes deviennent les coupables, comme les palestiniens attaqués par les colons, ceux réfugiés dans les camps étrangers ou de Cisjordanie, ceux massacrés à Gaza en ruines.
Toutefois l’affaiblissement de l’Iran ôterait au Hamas son principal soutien ou le réduirait.
Même jour : tandis que Donald s’offre un défilé militaire à 45 millions de dollars pour ses 79 ans, deux élu.e.s démocrates ont été ciblés avec leurs conjoints : un couple est mort, l’autre à l’hôpital.
Toujours plus de manifestants dans les grandes villes US contre l’expulsion d’émigrés et le pouvoir d’un seul. Le sénateur démocrate de Californie aux avant-postes.
20 juin : cette semaine notre ministre de l’intérieur Retailleau a déployé 4000 policiers pour des interventions massives dans les gares afin de traquer des immigrés clandestins. Son concurrent direct à la tête du parti Les Républicains, monsieur Laurent Wauquiez, s’est signalé à son tour en obtenant l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur les accointances de certains groupes d’opposition avec l’islamisme. A suivre…Peut-être bientôt n’y aura-t-il plus d’opposition et seule la politique de l’extrême-droite concurrencera la politique de la droite extrême, ce qui devrait alimenter de passionnants débats au sein des media mainstream.
Dans ce contexte de chasse aux sorcières je viens de lire un livre salubre et très documenté : Palestiniens et Israéliens : Dire l’histoire, Déconstruire mythes et préjugés, Entrevoir demain.
L’auteur est un professeur d’histoire, juif antisioniste de nationalité belge, et l’ouvrage est publié aux éditions du cerisier (Belgique).
Mais pour la presse quotidienne régionale, le principal objet d’intérêt, et nouveau, est la chaleur qui s’est abattue sur le pays et qui interroge. C’est pourtant demain l’été. Mais l’important est d’inquiéter : non sur les causes de la hausse globale des températures, mais sur des marronniers déguisés en phénomènes extraordinaires et dangereux.
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