1er octobre : Michel Barnier, chef du gouvernement, a présenté son programme devant l’assemblée. Il a d’abord manifesté sa surprise devant les cachotteries de son prédécesseur aux finances qui laisserait un abîme encore bien plus colossal que la situation connue. Ledit ex-ministre des finances va enseigner (je dis bien enseigner et non étudier) l’économie en Suisse.
Quant au gouvernement des perdants, il va revenir -un peu- (devant le gouffre budgétaire) sur le dogme macronien d’épargner aux plus riches les hausses d’impôt. Le trou doit être comblé par de nouvelles recettes, et pour environ un tiers, ce seront des prélèvements sur les plus hauts revenus. Pour un tiers seulement. Pour les deux autres tiers, les économies seront faites sur les budgets des services publics : santé, éducation, justice, aides sociales, etc…tout sauf les armées.
7 octobre : il n’est plus guère question de la Russie, de l’Ukraine ni du reste du monde : après les frappes sur Beyrouth et les réactions iraniennes, il n’y a plus que la guerre qui se généralise au proche Orient.
Les printemps arabes sont loin : l’autoritaire président tunisien vient d’être réélu avec 89 % des suffrages….parmi moins de 30 % de votants.
20 novembre : beaucoup de temps a passé, entre horreur et sidération. Le candidat républicain Trump a été élu futur président des U.S.A., préparant des coupes sombres dans les budgets publics et une lutte acharnée contre les immigrants et les pauvres. La question reste ouverte en politique étrangère : fera-t-il pire que Biden ?
Notre président a lui reçu le libertarien argentin Milei qui a jugulé l’inflation en supprimant des services de l’État, en multipliant les chômeurs et la pauvreté.
Ici, le budget 2025 suppose des ventes d’entreprise, des fermetures en nombre, la misère qui galope chez les plus précaires.
Les condamnations demandées à l’issue du procès du RN seront-elles appliquées ?
Le néolibéralisme défend bec et ongles ses options contre la sobriété écologique, pour le dérèglement systématique des économies, de multiples services ferment (centre de santé, de soin ou dentaires par exemple), des écoles ne sont plus dotées, des communes protstent contre l’absence de ressources qui rend leur gestion impossible.
Cela ressemble au début de la fin : mais fin de quoi ? Du système aberrant qui domine ? Il sembe au contraire gagner en puissance. Fin de l’État de droit alors et des équilibres qui ont prévalu depuis la fin de la seconde guerre mondiale ?
Ce serait alors le début d’un gigantesque asservissement.
2 décembre : les rebelles syriens ont repris Alep aux forces loyales à la dictature de Bashar El Assad.
Coupes budgétaires dans les universités : l’ensemble des universités de France décide d’une journée de mobilisation (demain) avec fermeture. À suivre…
Le gouvernement se dirige vers le 49-3 pour faire passer le budget. La censure serait cette fois-ci possible. On parle aussi de démission du président de la République. LFI envisage une procédure de destitution.
4 décembre : une motion de censure adoptée à l’Assemblée Nationale a mis fin au gouvernement Barnier. Le Président de la République s’exprimera demain. Il y a deux cents ans Napoléon se faisait (le 2) sacrer à Notre-Dame.
8 décembre : Les autorités syriennes, qui hier encore niaient toute intention de fuite, sse sont envolées pour quelque part…on ne sait encore où. Mais les forces rebelles, qui ont repris Alep il y a moins d’une semaine, étaient déjà aux portes de Damas. Certaines sources disent que la guerre en Ukraine mobilise à ce point la Russie qu’elle ne peut défendre son allié syrien et a laissé le dictateur a son triste sort.
Parmi les troupes constituant cette opposition armée, il y a des composantes nettement islamistes, il y en a aussi pas mal d’autres, dont les forces démocratiques du Rojava (ouest du Kurdistan hypothétique).
Pendant ce temps, Lyon fête les Lumières pour le tourisme, en souvenir lointain ou perdu d’une grâce mariale supposée, et Paris va connaître les cérémonies officielles de réouverture de Notre-Dame. Un nouveau sacre ? Une fuite en avant ? Tout est en ordre, sauf le budget, sauf le gouvernement absent, sauf les capitaux en vadrouille et les dirigeants en fuite…
2024 ressemble beaucoup, avec ses Jeux et Fêtes, à une fin de partie. Mais laquelle et pour aller vers quoi ?
13 décembre : alors que plusieurs pays d’Europe occidentale s’empressent de renvoyer dans leur pays fraîchement libéré « leurs » réfugiés syriens, Israël profite de l’affaiblissement provisoire de l’État syrien pour étendre son occupation sur le plateau du Golan.
En France, notre président a ce jour nommé sans tarder un nouveau premier ministre. Comme la force arrivée en tête aux élections législatives a un programme qui ne lui convient pas, loin de tenter une cohabitation, il a nommé à ce poste le leader du Mouvement Démocrate : actuellement 30 députés au sein de la minorité présidentielle (sur 477). Vers quoi se dirige-t-on ? Se dirige-t-on, d’ailleurs, vers quoi que ce soit de rationnel et de viable ?
24 décembre : les meilleures choses ont une fin, et le suspens insoutenable quant à la formation du nouveau gouvernement s’est achevé hier, à la fin d’une morne journée. Nul ne s’attendait à un réel changement de politique, les macronistes se recroquevillant sur leurs derniers soutiens et ménageant l’extrême-droite pour éviter une nouvelle censure ; mais au moins pouvait-on espérer un souffle nouveau, l’apparition de têtes neuves, quelque déclaration inattendue. Las ! Le seul fait a été le renoncement public de Xavier Bertrand (LR) qui s’opposait ainsi au chantage du Rassemblement National. Sinon, M. Bayrou a recyclé de l’ancien (l’infâme Darmanin passe à…la justice, l’ex-premier ministre Borne se retrouve à l’ÉducNat, Lecornu etc….Il a même racolé du très ancien, l’ex-pseudo socialiste Manuel Valls, traître à toutes les causes et à toute parole, depuis allié à l’extrême-droite en Catalogne pour continuer à figurer quelque part, s’est vu offrir un ministère d’État, celui de l’Outre-mer en pleine crise de Nouvelle-Calédonie et surtout après le catastrophique cyclone sur Mayotte…où la réponse de la République aux victimes et au désarroi des survivants est l’expulsion des étrangers.
Rien que du très vieux recyclé, qui dans tout autre pays aurait dès longtemps disparu de la scène politique après avoir fait son temps ou perdu. Aujourd’hui en France, outre les affaires, les procès et casseroles qui suivent la plupart des ministres, ce sont aussi parmi d’anciens perdants qu’ils sont choisis, par un premier ministre dont le parti ne totalise même pas 8 % de la représentation à l’Assemblée Nationale. De la sorte, le gouvernement tant attendu apparaît moisi avant même sa naissance, comme un fond de tiroir ou de poubelle humide où seraient raclées les dernières miettes.
On croit toujours avoir touché le fond, mais non : quand démissionne le franchouillard xénophobe Collomb, c’est pour laisser place au violent Castaner, à l’arriviste froid Darmanin puis à l’extrême-droitier Retailleau ; quand maître Dupont-Moretti s’en va, après plusieurs bras d’honneur adressés aux représentants de la Nation, c’est pour que surgisse le diablotin Darmanin qu’on imaginait mieux en garde-chiourme qu’en garde des Sceaux. Alors que tout semble s’enliser, voici que de la vase du marécage l’hydre sort une nouvelle tête, ou plutôt une vieille tête que l’on avait oubliée et que l’on croyait disparue : on n’avait pas compté avec l’arrivisme éhonté des charognards qui non contents de s’être naguère gavés de gibier frais cherchent encore à se nourrir des dépouilles corrompues de leur action passée.
Voici enfin que les Fêtes approchent, imminentes, et je suspends ces rappels du présent jusqu’à l’année prochaine. Prise de distance salutaire dans une atmosphère de plus en plus insalubre.
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