JANVIER 2024
Devant l’évolution rapide d’événements marquants, et la stagnation d’autres encore plus tragiques, je ferai de temps en temps le point sur la période écoulée : on oublie vite comment les choses se sont passées. C’est ce rappel qui alimente cette « chronique », appendice factuel et subjectif au « Phil des actus ».
Du 30 janvier au 4 février : semaine que couvre ce premier récapitulatif pour mémoire.
Le 30 janvier : – Bombes au sud de Gaza, plusieurs dizaines de morts selon le « Fatah » (malgré l’injonction de la CIJ de prévenir un risque de génocide dans le secteur).
– Bombes au nord de l’Ukraine (Kharkiv), chiffres contradictoires.
– En France des agriculteurs bloquent certains accès d’autoroute et visent d’accéder au marché de Rungis. Encercler Paris ? Le ministère de l’intérieur a ordonné d’empêcher par tous les moyens l’accès des engins à la capitale.
– Le 1er ministre G. Attal promet un assouplissement des normes, l’Europe y réfléchit.
– Il annonce une baisse sélective des allocations chômage et confirme le temps de travail (15 heures mensuelles) pour les bénéficiaires du RSA (600€). Prévoit de généraliser le Service National, et moins qu’une militarisation je crains une baisse sur le prétendu « coût du travail » avec tous ces gens qui travailleront gratis : rétablissement de la corvée en quelque sorte, qui se substitue au travail rémunéré…
– Il veut mettre fin à la loi SRU : pas de mixité sociale dans les secteurs urbains…
Le 31 janvier : – Bombes au sud de Gaza, 125 morts selon le « Fatah »
– Bombes au nord de l’Ukraine.
– Les agriculteurs continuent. Le syndicat majoritaire récrimine contre l’Europe pour s’affranchir des contraintes environnementales, d’autres représentations fustigent les contrats de libre échange et le saccage des territoires.
– Grève des enseignants annoncée pour le 1er février.
Le 1er février : – Bombes au sud de Gaza.
– Bombes au nord de l’Ukraine.
– Hors série du Monde Diplomatique (Manières de Voir) sur Israël et la Palestine.
– Au soir de ce jeudi, le gouvernement a satisfait les revendications de la F.N.S.E.A. qui appelle à suspendre l’action musclée entreprise. Mais tous les autres groupements, qui veulent des paysans dignes, correctement rémunérés pour leur travail et qui ne détruisent pas l’environnement, sont encore plus insatisfaits. Au moins les données sont clarifiées et le mouvement moins écartelé.
– Ce même soir, les enseignants grévistes sont estimés à plus de la moitié (45 à 65% selon les sources et les secteurs. Du jamais vu depuis des décennies.
– Des lycéens ont également débrayé pour exiger l’abolition de parcoursup et d’autres mesures…
Le 2 février : – Bombes au sud de Gaza.
– Bombes au nord de l’Ukraine.
– Fait rarissime : un recteur (celui de l’académie de Paris) démissionne. Il avait acté un projet sur les classes préparatoires (aux grandes écoles) visant à plus de mixité sociale, projet que la ministre a soumis à un moratoire.
Or ce recteur avait été chef de cabinet du ministre Blanquer (mon correcteur d’orthographe me suggère « planquer »), ce n’est donc pas un opposant à l’actuel gouvernement.
Le 3 février : – Bombes au sud de Gaza.
– Bombes au nord de l’Ukraine.
– Cessation programmée du financement de la principale ONG humanitaire de Gaza (UNRWA) par les USA et d’autres pays occidentaux dont la France. Dans le même temps cette ONG est proposée pour le prix Nobel de la Paix et J. Biden prend des mesures contre les violences de colons extrémistes en Cisjordanie.
– Le 1er ministre a résorbé les blocages de la FNSEA en cédant aux revendications les plus réactionnaires : nouveaux OGM, suspension du plan de réduction des pesticides, réduction des délais de recours (donc de la possibilité de s’opposer) face aux projets de méga-bassines et d’élevage industriel, etc…
Le 4 février : – …..
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– C’est le dernier jour de « l’autre festival », 5ème édition d’un « festival des livres » en Avignon. Après Ségolène Royal entendue hier, assistons à une conférence de Mme. Naudin et M. Bilheran à propos de leur livre : Police : la loi de l’omerta paru aux éditions du Cherche Midi. Réconfort de l’existence de lanceurs d’alertes dans un contexte hostile, mais aussi découragement devant le fait que tous ces engagements pour que le monde change se heurtent à toujours plus de déni, de caricatures malveillantes, de violences et de TINA (There is no alternative) des pouvoirs en place, qui jusqu’à présent finissent par ostraciser les personnes qui font la nation et dénaturer le langage jusqu’à la perte du sens ordinaire des mots démocratie, sécurité, progrès ou avenir : qu’est-ce qu’envisager l’avenir lorsqu’il n’y a pas d’alternative, sinon du désespoir ? Qu’est-ce que le progrès dans le désespoir ? Qu’est-ce que la sécurité quand elle consiste à promener sur le territoire des forces nombreuses de police, de gendarmerie et autres militaire, et perfectionner les fichages généralisés, qu’est-ce que la démocratie quand le pouvoir s’oppose à 80% de la population, comme ce fut le cas sur les retraites ?
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